Le risque de la sexualité en câlinothérapie

Il m’est arrivé à plusieurs reprises de côtoyer des personnes (clients) qui souhaitaient mêler sensualité, nudité et sexualité aux séances de câlinothérapie et de rencontrer également des praticiens pratiquant de base le massage tantrique proposer des câlins et de la sexualité et appeler cette proposition câlinothérapie.

Introduire une dimension sexuelle dans un cadre présenté comme thérapeutique ou relationnel crée une confusion profonde pour le client. Le toucher sécurisant repose sur la prévisibilité et la clarté des limites. Lorsqu’une sexualisation survient, le repère fondamental disparaît. Le client peut ressentir de la confusion, de la culpabilité ou une perte de confiance dans ses propres perceptions. Cette confusion peut être particulièrement marquée chez des personnes déjà fragilisées dans leur rapport au corps, au consentement ou à la sécurité relationnelle.

Sur le plan psychologique, la sexualisation d’un cadre non sexuel peut générer des effets durables. Elle peut renforcer des schémas d’attachement insécures, réactiver des expériences antérieures de confusion relationnelle ou installer une difficulté à faire confiance dans des relations d’aide. Le client peut aussi intérioriser l’idée que la proximité corporelle conduit nécessairement à une sexualisation, ce qui va à l’encontre même de l’objectif de la pratique.

Pour le praticien, la sexualisation compromet immédiatement la crédibilité professionnelle. Elle brouille la position d’accompagnant et introduit une relation d’intérêt personnel incompatible avec une posture éthique. Même si le client semble consentant, la relation reste asymétrique. Le praticien porte une responsabilité particulière, et toute sexualisation fragilise cette responsabilité.

Les conséquences dépassent la relation individuelle. Lorsqu’un praticien sexualise la pratique, c’est l’ensemble de la profession qui est fragilisée. La confusion entre câlinothérapie et sexualité alimente la méfiance du public, renforce les stéréotypes et rend plus difficile la reconnaissance de la pratique comme un accompagnement sérieux. Chaque dérive individuelle a un impact collectif.

Enfin, la sexualisation expose à des risques juridiques, réputationnels et professionnels importants. Elle peut entraîner des plaintes, une perte de clientèle, un isolement professionnel et une atteinte durable à l’image du praticien.

L’incompatibilité entre câlinothérapie et sexualité n’est donc pas une règle accessoire. Elle constitue une frontière structurante qui protège le client, soutient le praticien et préserve l’intégrité de la pratique. Toute ambiguïté sur ce point fragilise l’ensemble du cadre et met en danger la relation d’accompagnement.

Enfin, une pratique en câlinothérapie qui afficherait ou tolèrerait la sexualité, sous quelque forme que ce soit, remplirait alors automatiquement les critères de la prostitution ou à la rigueur de sexe tarifé avec de la tendresse mais en aucun cas ne pourrait se définir comme de la câlinothérapie.