
Le consentement en câlinothérapie : c’est bien plus qu’un simple « oui »
En câlinothérapie, le consentement n’est pas une formalité. C’est le socle de toute pratique éthique et respectueuse. Or, on réduit souvent le consentement à une simple autorisation.
Pourtant, un véritable consentement repose sur plusieurs critères essentiels :
> Le consentement doit être éclairé
La personne doit comprendre ce qui lui est proposé : la nature du contact, son déroulement, son objectif et son cadre.
> Le consentement doit être spécifique
Accepter un contact sur la main ne signifie pas accepter tout autre contact. Chaque proposition mérite son propre consentement.
> Le consentement doit être bénéfique pour la personne
L’intention n’est pas de répondre au besoin du praticien de réconforter, d’aider ou de réparer, ou de ce qu’il projette ou généralise mais au besoin réel de la personne accompagnée. Il convient donc toujours d’évoquer le besoin du câliné.
> Le consentement doit être réversible
Un accord donné il y a dix minutes, hier ou lors d’une séance précédente ne vaut pas pour toujours. La personne peut changer d’avis à tout moment, sans avoir à se justifier.
> Le consentement doit être donné librement
Sans pression, sans insistance, sans influence. Une personne doit pouvoir dire non aussi facilement qu’elle peut dire oui.
> Le consentement gagne à être enthousiaste
L’absence de refus n’est pas forcément un accord. Un consentement de qualité se manifeste souvent par une ouverture, une disponibilité, une adhésion sincère à la proposition.
En pratique, le consentement ne s’écoute pas seulement avec les oreilles. Il s’observe aussi dans le corps : un sourire, une détente, une main qui s’approche… ou au contraire un retrait, une tension, un regard qui s’échappe.
De manière non exhaustive, voici les signes physiques de non consentement potentiel :
– crispation du corps, des machoires, des poings, sensation de raideur subite
– modification de la température corporelle, pâleur
– changement respiratoire
– déglutition
– recul physique
– figement, éviction du regard
– détournement du corps, croisement des bras
– agitation, nervosité
– rire de manière génée
– hésiter, dire comme tu veux
Respecter le consentement, c’est accepter que la relation appartienne toujours à deux personnes. Et parfois, le geste le plus respectueux n’est pas de toucher, mais de ne pas toucher.
Si ces critères semblent simples en théorie, la réalité humaine l’est souvent beaucoup moins.
Le consentement n’est pas seulement une question de mots. Il peut être influencé par de nombreux facteurs que l’on appelle les biais, il est donc essentiel de rester attentif aux biais qui peuvent altérer la liberté réelle du consentement. Un « oui » n’est pas toujours un véritable accord. Parfois, ce sont justement les situations qui semblent les plus évidentes qui demandent le plus de vigilance.
Les principaux biais :
• Biais d’autorité : On accorde son consentement parce qu’on est influencé par une figure perçue comme ayant du pouvoir, du savoir ou un statut (ex. : facilitateur·rice, thérapeute, guide…).
• Biais de désirabilité sociale : On veut paraître « ouvert·e », « cool », « éveillé·e », donc on donne son accord pour coller à une image valorisée, même si ce n’est pas aligné intérieurement.
• Biais de réciprocité : On se sent redevable, alors on accepte quelque chose par gratitude ou culpabilité, plutôt que par réel élan personnel.
• Biais de rareté : On pense qu’il faut dire oui maintenant sinon on va « manquer une opportunité unique », ce qui pousse à consentir sous pression.
• Biais d’engagement : Une fois qu’on a dit oui à quelque chose, on a tendance à continuer, même si on ne le souhaite plus, pour rester cohérent ou « fiable ».
• Biais d’optimisme : On minimise les risques potentiels (« ça va bien se passer ») et on surestime sa capacité à gérer une situation inconfortable.
• Biais de l’instant présent (ou de projection positive) : On dit oui parce qu’on est dans une belle énergie ou un élan du moment, sans tenir compte de ce qu’on pourrait ressentir plus tard.
• Biais de politesse : dire oui pour ne pas contrarier.
• Biais de gratitude : accepter parce que l’on apprécie la personne.
• Biais de dépendance affective : dire oui pour préserver la relation.
• Biais de vulnérabilité : difficulté à exprimer un refus lorsqu’on est fragilisé.
• Biais d’habitude : continuer à accepter parce qu’on a déjà accepté auparavant.
• Biais de conformité : On dit « oui » pour ne pas déplaire, parce que les autres le font, ou pour rester inclus dans un groupe.