« Moi, les câlins, je déteste ça. »
À chaque fois que j’entends cette phrase, je me pose la même question.
Est-ce vraiment les câlins qu’elles détestent ?
Parce qu’il y a quelque chose qui ne colle pas.
Certaines de ces personnes adorent dormir contre leur chien.
Passer des heures avec leur chat sur les genoux.
Recevoir un massage.
Ou rêvent peut être secrètement qu’un jour quelqu’un les prenne enfin dans ses bras.
Alors… elles aiment le contact ou elles le détestent ?
On pourrait croire qu’elles ne sont « pas tactiles ».
Mais cette explication ne tient pas longtemps.
Pourquoi acceptent-elles les bras de certaines personnes… et pas d’autres ?
Pourquoi un simple effleurement peut-il être agréable un jour et insupportable le lendemain ?
Il doit bien y avoir autre chose.
Et si le problème n’était pas le câlin ?
Après tout, un câlin, ce n’est pas seulement deux personnes qui se prennent dans les bras.
C’est aussi accepter qu’une autre personne entre dans son espace.
Se laisser approcher.
Se rendre vulnérable.
Faire confiance.
Et c’est peut-être là que tout se joue.
Parce que votre cerveau peut savoir qu’une personne est bienveillante…
…pendant que votre corps, lui, reste persuadé qu’il vaut mieux garder ses distances.
C’est exactement ce que beaucoup ignorent.
Certaines personnes ne rejettent pas les câlins. Elles rejettent la sensation d’insécurité que leur corps associe encore à la proximité.
La nuance est immense.
On ne guérit pas cela en obligeant quelqu’un à recevoir davantage de câlins.
On le transforme en faisant vivre au système nerveux des expériences répétées de sécurité, de respect et de liberté.
C’est précisément ce qui me passionne dans la câlinothérapie.
Contrairement à ce que beaucoup imaginent, elle ne consiste pas à distribuer des câlins à tout le monde.
Elle ne cherche jamais à faire aimer le contact.
Elle ne force rien.
Elle respecte les hésitations.
Les limites.
Les « non ».
Les reculs.
Les silences.
Parce que parfois, le plus beau progrès n’est pas de recevoir un câlin.
C’est de réussir à dire :
« Pas aujourd’hui. »
Et de découvrir que ce « non » est accueilli avec respect.
Le corps comprend alors quelque chose de nouveau.
Il découvre qu’il peut avoir le choix.
Et c’est souvent à partir de là que la sécurité commence réellement à s’installer.
Ironiquement, ce n’est donc pas le câlin qui soigne.
C’est l’expérience répétée d’une relation dans laquelle le corps n’a plus besoin de rester en alerte.
Et lorsque cette sécurité devient peu à peu familière…
Alors, parfois, un jour sans prévenir…
Le corps fait ce qu’aucune explication n’avait réussi à obtenir.
Il se détend.
Non pas parce qu’on lui a demandé de le faire.
Mais parce qu’il sent enfin qu’il le peut.
Fanny Gaye
Thérapeute psychocorporel – Câlinothérapeute